Retour d’expérience sur la digitalisation du métier d’avocat !

LegalVision - Entretien avec Maître Filluzeau

L’intégration des technologies numériques dans les services juridiques, connue sous le nom de « digitalisation » du droit, bénéficie à la fois aux particuliers et aux professionnels du droit, tels que les avocats. 

LegalVision a eu le plaisir d’échanger à ce sujet avec Maître Maxime FILLUZEAU, avocat inscrit au Barreau de Paris depuis janvier 2014. Son activité est centrée sur les entreprises, principalement en droit des sociétés et en droit des affaires. Maître FILLUZEAU a notamment choisi d’utiliser différents outils digitaux pour répondre au mieux aux besoins de ses clients.  

À travers cet article, Maître FILLUZEAU nous livre son retour d’expérience, ainsi que son regard de professionnel sur l’impact de la digitalisation dans le milieu juridique !

Table des matières

Quels outils et logiciels technologiques utilisez-vous, et quels usages en faites-vous au quotidien ?

J’utilise plusieurs outils technologiques propres à mon métier, dont les logiciels de gestion pour gérer les dossiers et la facturation, ainsi que des moyens de signature électronique, qui sont essentiels aujourd’hui pour les clients.

Je m’appuie également de plateformes proposant de la génération de documentation pour accéder à des bibliothèques de documents déjà préparés, que les clients peuvent ensuite préremplir.

Connaissez-vous et utilisez-vous la solution « SECIB » ?

Bien sûr ! SECIB est une solution que j’utilise au cabinet et que je trouve extrêmement dynamique et intuitive. Grâce à SECIB, tous les dossiers sont disponibles directement dans l’application, mais également dans le Cloud, il est ainsi possible de se connecter depuis n’importe quel endroit. On dispose également d’un suivi parfait au niveau des tâches, que l’on peut répartir entre ses différents collaborateurs, ce qui est très avantageux !

Utilisez-vous d’autres solutions numériques ?

J’utilise DocuSign pour la signature électronique. C’est une solution qui fonctionne extrêmement bien et qui facilite la signature des clients partout dans le monde, ce qui est très ergonomique.

Il y a également LegalVision, qui offre une plateforme très dynamique pour favoriser le partage des formalités juridiques et pour permettre aux clients de détenir un Kbis en bon état et ce, avec une grande rapidité.

LegalVision - Le trio gagnant

Quels avantages trouvez-vous dans la digitalisation ?

Tout d’abord, la digitalisation au sein d’un cabinet d’avocat permet de gagner un temps considérable par rapport aux tâches traditionnelles liées à la signature de documents. Par exemple, il n’est plus nécessaire de numériser les documents pour les processus de signature, car ceux-ci peuvent être traités de manière dématérialisée.

Le partage de documents se fait, quant à lui, de manière purement sécurisée, soit par des logiciels, soit par la mise en place d’une data room. Cela est extrêmement facilitant pour notre activité !

Quels sont les bénéfices que la digitalisation offre à vos clients ?

Les clients sont ravis. En digitalisant au maximum les processus, le client se retrouve au centre de l’attention. Il ne lui reste plus qu’à répondre à un formulaire avec des questions typiques pour créer sa société. Je me charge ensuite du reste, notamment en traitant les différents documents déjà préparés en amont pour recevoir les informations.

Le client peut également me faire des remarques directement, puisque c’est moi qui ait la main pour générer le document à titre définitif.

Les clients sont donc très satisfaits, le processus est rapide, clair et fluide, ce qui permet de se concentrer sur l’essentiel et de mettre rapidement de côté les aspects administratifs complexes.

Comment percevez-vous l’avenir de la digitalisation pour un avocat ?

La digitalisation est aujourd’hui essentielle pour un avocat. En effet, ce serait une erreur pour un avocat qui souhaite s’installer ou se développer de ne pas utiliser les outils numériques à sa disposition. Ces outils sont conçus pour nous aider à être plus rapides et à nous concentrer sur notre coeur d’activité.

Les avocats ne doivent pas considérer que ces outils digitaux sont des « braconniers » du droit. Ils ne prendront pas leur place, et doivent plutôt percevoir ces outils comme une aide au développement de la pratique du droit.

Selon vous, comment la fonction juridique doit-elle évoluer à l’ère du Digital dans les métiers du droit ?

Il est évident que toutes les autres professions du droit doivent se saisir du digital. Les huissiers sont déjà très au fait de tout cela, de même que les notaires lorsqu’ils signent des actes authentiques.

La digitalisation est, à mon sens, obligatoire aujourd’hui si l’on veut pouvoir répondre parfaitement aux besoins de nos clients.

Quels sont, pour vous, les avantages du recours à une LegalTech ?

Pour un cabinet d’avocat, il ne faut pas craindre d’utiliser une LegalTech qui fait de la mise en relation avocat-client, car cela représente un canal très fort et essentiel pour permettre de développer sa clientèle.

Concernant les LegalTechs qui proposent par exemple de la génération automatique de documents, il ne faut pas craindre de payer pour ce service. En effet, en étant abonné, on accélère considérablement le processus de génération de documents, ce qui réduit fortement le risque d’erreur sur des modèles que l’on reprendrait. Cela permet d’aller vite et de se focaliser sur l’essentiel, qui est de conseiller les clients sur les clauses types.

LegalVision - Pourquoi recourir à une legaltech

Quelle est la technologie qui vous a changé la vie ?

La signature électronique a changé mon quotidien professionnel. En effet, dans mon activité, nous réalisons beaucoup de signatures pour des cessions d’entreprise, des rachats de sociétés ou même des closing. Désormais, nous n’imprimons plus rien, tout se fait par voie dématérialisée, nous envoyons des codes d’accès pour permettre aux clients de signer. Tout cela se fait dans un ordre bien précis, et les clients sont très satisfaits.

LegalVision - Les avantages de la signature électronique

Est-ce que l’utilisation d’outils digitaux vous a permis d’alléger votre charge de travail et votre charge mentale ?

La digitalisation de mon cabinet m’a permis de soulager considérablement ma charge de travail, notamment grâce à la suppression de tâches chronophages.

Considérez-vous que vous êtes un cabinet digitalisé ?

Nous sommes bien avancés, mais cela est toujours en phase de développement. Il ne faut jamais rester sur des acquis que peuvent représenter un site Internet ou des plateformes telles que LinkedIn. De plus, bien que la signature électronique soit essentielle, il faut sans cesse se renouveler, ne pas craindre d’aller plus loin et savoir utiliser à bon escient l’Intelligence Artificielle pour conseiller ses clients.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune avocat qui souhaite se développer ?

Pour cela, il faut déjà avoir une base solide, à savoir une vision, ce que l’on veut dans son activité, ainsi qu’une offre claire, et être au fait sur ses honoraires et sa grille tarifaire. De plus, je dirais que la mise en place de forfaits est aujourd’hui la clé pour fidéliser ses clients et les rassurer.

Finalement, il faut réaliser une roadmap afin de savoir où l’on va, identifier ses objectifs et se familiariser avec les accessoires (site Internet, les LegalTechs, les outils digitaux…). 

Pour terminer, je dirais qu’il faut également beaucoup de courage ! 

Propos recueillis par Cyrine Drije
Propos recueillis par Cyrine Drije

Titulaire d’un Master en Droit International & Européen des Affaires, Cyrine prépare actuellement un Master II en Droit des Affaires – Juriste d’Entreprise. Elle a choisi de combiner sa passion pour l'écriture avec sa formation juridique, en occupant un poste de Rédactrice en droit des affaires en alternance au sein de LegalVision.

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