NAF 2025 : ce que change la réforme des codes APE

La nomenclature d’activités française (NAF) classe les activités économiques des entreprises. Sa version NAF 2025, approuvée par le décret n° 2025-736 du 31 juillet 2025, deviendra la référence pour l’attribution des codes APE au 1er janvier 2027. Toutes les entités du répertoire Sirene sont concernées. Pour un cabinet, l’enjeu est immédiat : chaque dossier client verra son code recalculé. Vous pouvez déjà vérifier le futur code APE de vos dossiers avec notre outil dédié.

NAF, code NAF, code APE : la même chose ?

La NAF est la nomenclature ; le code APE (activité principale exercée) est le code de cette nomenclature attribué par l’INSEE à chaque entreprise et à chacun de ses établissements. Dans le langage courant, « code NAF » et « code APE » désignent la même chose : quatre chiffres et une lettre (ex. 62.01Z). Sa finalité première est statistique, mais il sert de repère à de nombreux organismes (URSSAF, CARSAT, assureurs, acheteurs publics).

Ce que change réellement la NAF 2025

La révision aligne la nomenclature française sur la nomenclature européenne NACE Rév. 2.1, elle-même dérivée de la nomenclature internationale de l’ONU (CITI/ISIC). D’après le INSEE et le rapport du CNIS « Élaboration de la NAF 2025 », la NAF 2025 compte :

  • 747 sous-classes au total, contre 732 dans la NAF rév. 2 actuelle ;
  • dont 171 sous-classes spécifiquement françaises, issues de la décomposition de 75 classes de la NACE ;
  • des activités qui changent d’intitulé, se scindent ou fusionnent, notamment dans le commerce et les services.

De nouvelles catégories apparaissent pour des activités récentes : exploitation de bornes de recharge pour véhicules électriques, livraison de repas à domicile, édition de services de médias à la demande, réparation de cycles et engins de « mobilité douce », distinction du transport par taxi et par VTC. À l’inverse, une vingtaine de distinctions de la NAF rév. 2 ne sont pas reconduites.

Un point essentiel : un reclassement, pas une re-création

Le recalcul du code au 1er janvier 2027 est automatique : aucune démarche n’est requise pour ce seul reclassement, sans interruption de service. La correspondance n’est toutefois pas toujours « un pour un » : une activité peut basculer vers une sous-classe plus précise. Il faut donc vérifier que le nouveau code reflète bien l’activité principale réelle de l’entreprise.

Pourquoi les cabinets doivent s’y intéresser dès 2026

Experts-comptables, avocats et directions juridiques gèrent des portefeuilles entiers d’entités. Même si le code n’a en lui-même qu’une valeur indicative, il oriente des paramètres sensibles : convention collective présumée, code risque AT/MP, éligibilité à certaines aides. Anticiper évite les mauvaises surprises. La première étape consiste à auditer les futurs codes NAF 2025 de votre portefeuille pour repérer les dossiers à examiner en priorité.

Comment lire un code APE : les cinq niveaux de la NAF

La NAF est une nomenclature hiérarchique à cinq niveaux emboîtés : les sections (une lettre, de A à U), les divisions (2 chiffres), les groupes (3 chiffres), les classes (4 chiffres) et, au niveau le plus fin, les sous-classes (4 chiffres et une lettre, ex. 62.01Z). Jusqu’au niveau des classes, la NAF coïncide rigoureusement avec la nomenclature européenne NACE ; seul le niveau des sous-classes est spécifiquement français. Le code APE d’une entreprise correspond à l’une de ces sous-classes.

Les grands changements apportés par la révision

Au-delà du niveau français, la réforme reflète des évolutions décidées à l’échelle européenne : dans le commerce, les automobiles et motocycles ne forment plus une « filière » à part, et le commerce de détail est désormais classé selon les produits vendus plutôt que selon la forme de vente ; de nouvelles catégories identifient les services d’intermédiation (mise en relation d’une offre et d’une demande) ; enfin, les donneurs d’ordre qui ne détiennent que la propriété intellectuelle d’un produit sont désormais classés en « Industrie ».

Près d’un tiers des codes sont « éclatés »

Le fait marquant, souvent sous-estimé : d’après la table de correspondance de l’INSEE, 212 des 732 sous-classes actuelles — soit près d’un tiers — ont une correspondance dite « multiple » : elles se répartissent entre plusieurs nouveaux codes NAF 2025. Pour ces activités, le rattachement n’est pas une simple transposition : le code retenu dépend de la réalité de l’activité, d’où l’intérêt de le contrôler.

Un exemple concret : la restauration

La restauration illustre les deux cas de figure. La restauration traditionnelle passe simplement de 56.10A à 56.11G (correspondance unique). Mais la restauration rapide (ancien 56.10C) se scinde en deux : la restauration rapide proprement dite (56.11J) et la restauration mobile — les camions-restaurants ou « food trucks » (56.12Y). Un établissement de vente à emporter mobile changera donc de catégorie sans avoir modifié son activité.

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